Et si on passait à autre chose ?

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FR: ART#11 (FR) – Et si on passait à autre chose
ENG: ART#11 (ENG) – How about moving on

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L’équipe Quaerius publie régulièrement des articles similaires à celui-ci en s’informant notamment constamment sur les nouvelles et recherches liées à la sécurité privée.
Or, force est de constater que nous nous confrontons à un problème de taille. A part les faits divers, les travaux de recherche étudient presque tous un seul sujet : la privatisation de la sécurité est-elle judicieuse ou risquée ?

Un site unique, le Private Security Monitorqui regroupe les articles spécialisés qui sont publiés sur le sujet de la sécurité, permet déjà de visualiser l’absence de diversité des articles traitant de la sécurité privée : rôle du secteur dans les conflits, état des lieux des réglementations, peut-on appeler ce milieu du mercenariat, problèmes et enjeux de la privatisation de la sécurité… Rares sont les articles qui ne traitent pas de l’existence et de l’identité même de la sécurité privée.

Pourquoi une telle pénurie? L’explication se trouve-t-elle dans la méfiance de l’opinion publique à l’égard de la profession?
Dans notre précédent article, « Un Secteur Malmené par l’Opinion Publique en Europe », nous avions abordé cette question et montré qu’il semble y avoir effectivement une hostilité envers le milieu. A vrai dire, peu d’études existent pour quantifier précisément le degré d’acceptation ou de rejet de la sécurité privée par les populations. Les quelques billets traitant du sujet sont plutôt de l’ordre qualitatif, sur les impressions, les expériences.

La France a ici pris les devants en 2013 en menant une enquête sur l’opinion publique sur la profession : 69% des interrogés estiment le secteur utile à la société et 59% comme un outil avantageux à disposition pour la sécurité du pays.

Des quelques faits concrets dont nous disposons, nous pouvons avancer que l’opinion publique est plutôt favorable à la sécurité privée. La perception négative reste cependant bien réelle. Les manifestations hostiles à l’égard des agents de sécurité privée sont sans doute plus nombreuses que les expressions positives, ce qui expliquerait cette impression que le secteur est malmené par l’opinion publique.
Que tant d’articles restent donc concentrés sur la question de l’appréciation ou de la défiance à l’égard du secteur ne semble donc plus d’actualité.

Est-ce la visibilité nouvelle de ces entreprises qui oblige à se poser la question sur leur place dans la sécurité? Corps Security est considérée par beaucoup comme la plus ancienne entreprise de sécurité privée, elle fut créée en 1859, il y a donc 157 ans. Bien que rares soient les entreprises de sécurité privée créées au XIXème siècle encore en service, beaucoup comptabilisent jusqu’à une quarantaine d’années d’activités.

N’hésitez pas à survoler la liste des 30 entreprises de sécurité les plus puissantes qui montre que ce milieu est relativement ancien. Ces entreprises ne sont donc pas nouvelles, émergentes.

Des événements négatifs semblent déclencher à chaque fois une nouvelle vague de publications et de questionnements quant à la place de la sécurité privée. L’incident de Blackwater, où une succession rapide d’erreurs et de dérapages a conduit à la mort de 17 Irakiens tués par des agents de la société privée, relança le débat.
Cet événement a eu lieu en 2007, il y a presque 10 ans. Bien que son aspect tragique soit incontestable, que la question du professionnalisme des agents de sécurité privée mérite d’être posée, le secteur vaut bien qu’on s’y intéresse plus, avec diversité voire positivisme. Car pour un événement Blackwater, n’oublions pas que son contraire existe : des agents de sécurité ont sauvé des vies le soir du 13 novembre 2015 au Bataclan, ou encore au Stade de France.

Quels sujets aborder alors ? Le quotidien d’un agent de sécurité ; ce que la profession accomplit en partenariat avec les Nations Unies ou dans le cadre de l’état d’urgence en France ; zoom sur les formations et débouchés pour souligner que le milieu est structuré et professionnel, ou en cours de structuration et de professionnalisation (selon les pays) ; des portraits ; les nouvelles technologies et leur impact sur l’exercice de la profession ; un historique des évolutions du secteur ; l’avenir de la sécurité privée…

Que la majorité des articles abordent uniquement la question du bien fondé ou non de la sécurité privée fait que le secteur semble être cantonné à ce soi-disant problème et l’empêche de montrer tout son potentiel et toutes ses ambitions.


SOURCES
Europe 1. Didi, Agent de Sécurité au Bataclan : « la Pétition me Touche ». 
http://www.europe1.fr/societe/didi-agent-de-securite-au-bataclan-la-petition-me-touche-2651171
Security Degree Hub. 30 Most Powerful private Security Companies in the World. 
http://www.securitydegreehub.com/30-most-powerful-private-security-companies-in-the-world/
IPSOS et Syndicat National des Entreprises de Sécurité Privée. Communiqué de Presse – 28 juin 2013. Sondage d’Opinion Exclusif Ipsos
University of Denver. Private Security Monitor. 
http://psm.du.edu/articles_reports_statistics/academic_and_think_tanks.html

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